J'ai découvert la Servante Écarlate grâce à l'une de mes amies qui se lamentait que son mari n'ait pas voulu suivre cette série avec elle, et je la comprends, car cette série est vraiment top ! Dommage pour lui ;-)
Pour les autres, voici un résumé : dans un futur proche, la natalité a chuté suite à l'augmentation de l'infertilité due à une trop grande pollution ; c'est dans ce contexte que les Gardiens de la Foi réussissent un coup d'état aux Etats-Unis et instaurent la république de Gilead, qui doit leur permettre de bâtir un monde meilleur.
Vous comprendrez donc que nous sommes dans un univers dystopique, avec toutes les règles inhérentes et un idéal : restaurer les valeurs traditionnelles et sauver l'humanité de l'extinction.
Et pour commencer, exit la technologie ! Le pain est pétri à la main, bye bye les smartphones et la télé (nooooonnnn !!!) ainsi que tout autre objet du quotidien et métiers qui ne répondraient pas aux critères de Gilead.
Il y a aussi l'instauration de castes, avec ses codes vestimentaires et ses comportements attendus (euphémisme quand tu nous tiens !) :
- les dirigeants, habillés en costume cravate noir, ces Commandants édictent les règles de vie de Gilead
- les épouses, leurs femmes, habillées en vert, qui doivent prendre soin de leur maisonnée et passent leur temps en tricot et jardinage (youpi...)
- les marthas, habillées en beige, sont dédiées à la cuisine et à l'entretien de la maison
- les gardiens, tout de noir vêtus, leur rôle est de faire respecter les lois par tous (y compris les dirigeants)
- les citoyens, habillés de gris, sont les petites mains de Gilead qui font tourner la société
- les servantes écarlates, habillées de rouge : ce sont des femmes qui ont déjà eu un enfant et qui n'étaient pas respectables au sens au elles ne répondent aux valeurs de Gilead (non mariée, lesbiennes...) ; leur rôle est de servir de réceptacle afin de porter les enfants des épouses infécondes... alors on pourrait dire que ce sont des mères porteuses mais 1) elles ont été arrachées à leur vie, leur famille, leur enfant, et ne sont pas forcément volontaires mais on ne leur laisse pas vraiment le choix et 2) je vous ai dit "exit la technologie", alors comment pensez-vous que la fécondation se passe ? un indice, ce n'est pas in vitro...
- les servantes sont encadrées par les tantes, habillées de marron, elles formatent (dressent serait le terme plus exact...) les jeunes femmes à devenir servantes, coûte que coûte... elles ont beau être des femmes, ce ne sont certainement pas les plus tendres
- j'ajouterai les femmes envoyées en exil dans les colonies (car lesbiennes, activistes féministes... petite exception pour les femmes fertiles converties d'office en servante) afin de procéder à la dépollution des sols ; armées de pelles et pioches sans aucune protection, ça revient à les condamner à mort, d'abord par la quantité de travail à abattre chaque jour et ensuite par les irradiations qui ne manquent pas de les atteindre (si vous vous posez la question, les hommes condamnés sont directement pendus !)
Enfin, c'est une société patriarcale, faite par les hommes pour les hommes. Les femmes n'ont plus le droit de travailler, elles n'ont même plus le droit de lire ou d'écrire, ni même de toucher un stylo sous peine d'être punie... bref, plein de charmantes petites attentions qui ne manquent pas de faire hurler ma fibre féministe !
On suit donc l'histoire de June, une servante écarlate, affectée dans la maison du Commandant Waterfort et de son épouse Serena, quelques temps après l'instauration de Gilead.
Alors je ne veux pas en dire trop, car la série est très riche et je devrais écrire un roman pour bien restituer l'univers. Par contre, je peux faire un focus sur les points forts et notamment la réalisation : June est la narratrice de l'histoire, chaque épisode traite d'un moment dans sa vie de servante, et en arrière plan, des flash-back resituent le déroulement des événements qui sont intervenus dans un passé proche. Dans les premiers épisodes, June est aussi l'héroïne des flash-back, puis chaque épisode fait un focus sur l'un des personnages principaux et le cheminement qui l'a emmené à ce qu'il est devenu. Du coup, ça permet d'avoir une vision complète des personnages et permet de mieux appréhender leur comportement. Il y a aussi un décalage entre l'image, avec une réalisation assez lente dans le rythme et parfois contemplative avec une esthétique très travaillée... et la narration de June avec un langage moderne, en rupture avec l'univers ultra-codifié dans lequel elle évolue et qui marque bien le combat silencieux qu'elle mène. Il y a notamment des scènes où elle a une double conversation : celle qu'elle a physiquement avec son interlocuteur et celle qu'elle a dans sa tête où on sait réellement ce qu'elle pense !
Pour finir, j'aimerai vous parler du scénario : la saison 1 est assez convenue dans son déroulement, mais l'univers étant très riche, cela permet de bien appréhender le quotidien à Gilead. Par contre, la saison 2 se détachent clairement de ce quotidien et nous laisse à la fin de chaque épisode avec un suspense insupportable ! Pendant toute cette seconde saison, j'ai ressenti un très fort sentiment d'attraction-répulsion : attraction car j'ai envie de savoir ce qui va arriver ensuite, et répulsion car c'est une série très violente d'un point de vue psychologique et j'appréhende fortement ce qui pourrait arriver à June. Il y a bien évident de la violence physique (on impose pas un nouveau modèle de société comme ça !) mais je dirai presque que c'est quelque chose qu'on connait, qu'on peut voir relativement souvent à la télé. Par contre, la violence psychologique est quelque chose de plus inédit et elle est très présente. Il me reste 2 épisodes avant la fin de la saison, le dernier n'ayant pas encore été diffusé aux USA... ce soir, j'ai préféré écrire cette chronique plutôt que de regarder l'épisode disponible car j'ai vraiment peur de ce qu'il va se passer... et là est l'une des grandes forces de cette série.


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